TITRE DE LA SAGA

KEROSENE DRINKERS

PREMIER TOME: Ma Part D'Ombre

TITRE DE LA SAGA

# Posté le samedi 21 mars 2009 14:30

Modifié le jeudi 09 avril 2009 15:16

PROLOGUE

Ceci n'est ni une autobiographie, ni une fiction totale. Je me base sur ma vie, des évènements qui ont surgi de nulle part. Mais je m'inspire des rêves que je n'ai pu réaliser, et qui constituent l'histoire de ce livre. Certes, tout cela est sombre, obscur et terrifiant, mais c'est ce que la vie m'a poussé à devenir. Le bien ne triomphe pas toujours, et la misère peut nous conduire à la folie, voire la démence..
P
ourquoi ce livre? Non, ce n'est pas pour m'apitoyer sur mon sort, ni pour dire «Regardez! MOI j'ai une vie difficile!», ceci n'est pas non plus un appel au secours, ni un catalogue qui montre les subtiles différences entre le Bien et le Mal. Ce livre, est mon exutoire. Ma porte entre mes émotions et le monde extérieur. Ce livre, je ne l'ai pas écrit avant, mais j'avais les idées et les thèmes ancrés dans ma mémoire. Ceci paraît étrange, mais ce monde dans lequel mon personnage se bat, qui n'existe pas, m'a permis de garder les pieds sur terre. Lorsque le vrai monde me paraît trop difficile, trop douloureux, je me réfugie dans le faux qui est pire pourtant. Peut-être une façon de me dire que le vrai n'est pas si moche, si cruel. Mais pourquoi prendre un tel plaisir à se balader dans cet endroit? Comment ai-je pu devenir si sombre?
Le
s Kerosene Drinkers m'ont aidé à survivre, à traverser mes épreuves. Peut-être qu'elles t'aideront à trouver des réponses, toi qui crois que personne ne te comprend. Car ici chacun peut se reconnaître, peut trouver un refuge. Tu n'es pas seul. Comme moi tu as surement découvert d'autres reflets de toi dans le miroir. Mon reflet noir, ma part d'ombre...
Je
suis Maybi et je vais raconter mon histoire, qui est peut-être similaire à la tienne.

# Posté le samedi 21 mars 2009 14:24

Modifié le samedi 21 mars 2009 14:52

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CHAPITRE I: Le silence de l'enfance

J'ouvre les yeux. Premier contact visuel, première bouffée d'air. C'est le début de ma vie, je n'ai pas conscience de ce qui se passe. Mon premier cri, innocent, involontaire, sous l'effet de l'oxyne, résonne dans ma te et dans le lieu je me trouve. Je sens de l'eau sur mon visage; mes premières larmes. J'ai très froid. Tout est nouveau, tout est incompréhensible. Mes sens se réveillent; la vue, l'ouïe, le toucher. Une étendue terne et lisse s'expose devant moi. J'entends des voix, mais sous forme de sons graves et fluides. Je sens une substance douce m'envelopper, et une certaine chaleur s'installer. Je continue de crier et de pleurer mais je ne sais pas pourquoi. Je ressens des battements à l'intérieur de mon corps. Qu'est-ce que cela signifie? Où suis-je? Pourquoi ai-je quitté cet endroit tellement paisible, tellement chaleureux, où j'étais en sécurité?
Une personne me prend dans ses bras. Elle est familre. Mais je reste dans un brouillard total. Je me demande si j'ai une chance de retourner ou jtais. Mais comment y aller? Mes yeux se ferment, le contact de l'air me fait mal. Mes paupres me protègent de cette douleur. Cette exrience m'a épuie. Je m'endors. Tout steint, mes sensations, mes sens, mes interrogations, tout.

Personne ne s'est jamais dit que si les larmes et les cris étaient la première chose qu'un être humain apprenait, cela avait peut-être un sens? Je pense que c'est un signe, une mise en garde, un avant-goût de ce qui nous attend. Mais si je suis là, il y a surement une raison particulre. J'ai forcément quelque chose d'important à accomplir ici ou ..... Mais quoi?

# Posté le dimanche 22 mars 2009 07:48

Modifié le dimanche 29 mars 2009 19:02

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L'enfance est une étape primordiale dans la vie. C'est le moment où l'esprit s'éveille et où le monde se découvre petit à petit. Tout semble incompréhensible, et absurde mais l'on ne peut s'empêcher de réfléchir, même à un âge très bas. La curiosité est un vilain défaut, cependant c'est par elle que nous pensons, et grâce à elle que nous grandissons. Elle nous pousse à apprendre et comprendre les mystères qui nous entourent. Alors je suppose que grandir signifie être vil, si l'on en croit le dicton. Or, grandir est une étape inévitable de l'enfance. Le corps se développe et l'âme ne cesse de mûrir au cours du temps. Tout s'éclaircit, mais il reste toujours des ombres dans notre esprit, des questions, des doutes. Le mal est en chacun de nous.
A
la naissance, aucun être n'est programmé pour faire le Mal ou le Bien, mais l'enfance est le chemin qu'il nous faut prendre, et c'est sur celui-ci que tout se joue. Les obstacles sont différents pour chaque enfant, et ce sont ces obstacles qui influenceront leur choix final. Un parcours simple et facile fera d'un enfant, un être essentiellement bon quoique la part de mal restera présente car l'un ne va pas sans l'autre. En revanche, un parcours difficile et douloureux fera d'un enfant un être blessé, craintif, apeuré qui manifestera son état d'angoisse de deux manières; soit par la violence, soit par la lâcheté. Par lâcheté, j'entends fuir ce qui est difficile à surmonter et vivre dans la peur, dans le secret, sans jamais montrer ce qu'on a subi, ou vécu. Je suis plutôt du côté lâche, je vis dans la peur et n'ose pas affronter mes démons. Je préfère de loin aider les autres à alléger leurs souffrances plutôt que de dévoiler les miennes. Je cache ce que je ressens, ce que je pense et me contente de jouer mon rôle, c'est à dire faire mon possible pour remonter le moral des autres, en utilisant avant tout l'humour. Mais je suis prisonnière de cette peur qui m'envahit. La peur m'empêche d'être libre, elle est mon seul et unique maître, elle me contrôle. Si je pouvais me débarasser d'elle je serai enfin mon propre chef et je pourrai agir en conséquence. Mon enfance a été accompagnée de cette peur car mon chemin s'est révélé plein d'embûches.

# Posté le dimanche 29 mars 2009 20:05

Modifié le lundi 30 mars 2009 12:46

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Les jours sont vides, identiques. Je ressens un ennui pronon pour cette vie que je dois subir sans avoir aucune possibilité d'action. Être un enfant n'est pas vraiment amusant lorsque l'on ne fait rien. Puis nous sommes trop jeunes pour avoir le droit de faire ceci ou cela. Je ne suis pas particulièrement capricieuse, car pleurer m'énerve plus qu'autre chose et me fait mal à la tête. Mais je suis curieuse, très curieuse. Alors l'ennui dispart seulement lorsque je m'inresse au monde qui m'entoure. Je me demande souvent pourquoi certaines choses bougent et d'autres pas. Les questions sont sans arrêt psentes dans ma te, mais je suis incapable d'obtenir des réponses. En effet, je suis incapable de formuler, ou de réter ce qu'il y a dans ma te. Je pense que cette incapacité temporaire à obtenir ce que je souhaite, a fortement velop ma soif de connaissances.
Les gens que je vois au quotidien deviennent familiers, et leur voix, leur odeur, leur psence semble tout à fait normale maintenant. Je sais qu'ils m'apprendront ce que je dois savoir, mais je sens qu'ils ne pourront pas répondre à toutes mes questions. Mes premiers mots, mes premiers pas, tout se fait avec eux. Je n'imagine pas qu'il y a des millions d'autres personnes qui marchent sur le même sol que moi. Chaque jour est pareil que la veille. On me ve, on me lave, on me fait manger, on m'habille, on me fait rire, on me parle, on me montre, parfois je tombe et je pleure, on me couche, on me console, on me berce, on me donne le biberon, on me recouche. Je ne fais rien par moi-me. La principale raison est que j'en suis incapable, mais cela me frustre. J'aimerai tant pouvoir être comme eux et faire les mêmes choses. Je veux leur prouver que je ne suis pas inrieure.
Voici l'obsession des enfants. Être responsabilisés, grandir, pouvoir faire les mêmes choses que les grands. Parfois on aimerait ne plus vivre avec ces gens qui nous disputent ou qui ne cessent de nous reprendre au moindre geste. Mais on sent que c'est ici que l'on doit être et cela ne peut être autrement. Il faut juste attendre que les jours passent. Mais maintenant je me dis que cette période était celle où j'étais la plus sereine, j'avais le moins de soucis. La prise de conscience du monde et les responsabilités ont changé ma paisible existence. Et dire que c'est moi qui voulait grandir. L'insouciance est la meilleure attitude à adopter. Comment aurais-je pu deviner l'avenir?

# Posté le mercredi 01 avril 2009 11:02

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L'ennui et la monotonie sont enfin remplacés par quelque chose de bien plus intéressant, l'école. Mon premier contact avec d'autres enfants, mes premiers pas vers la connaissance. J'adore cet endroit, il me rend plutôt heureuse. J'aime montrer que je sais faire ce qu'on me demande, je trouve que tout est facile, il suffit d'avoir envie et d'apprécier. Je m'habitue rapidement à la présence d'autres enfants. C'est comme une autre vie, un nouveau monde. Au fil du temps, j'apprends à parler correctement, à compter, à écrire, puis à lire. Mais j'apprends également à vivre avec les autres. Le monde s'ouvre à moi. Je trouve cela merveilleux d'apprendre. Les notions de vie me sont enseignées chez moi, mais aussi à l'école. On apprend le respect, la politesse, et surtout la créativité. En fait, la créativité n'est pas enseignée mais on arrive à la développer petit à petit. J'ai un intérêt pour tout, et plus le temps passe, plus je comprends le monde dans lequel je grandis.
Cer
taines réponses soulèvent d'autres questions. Je sais à peu près comment j'ai été fabriquée même si l'acte en lui-même ne m'évoque rien du tout. Je sais ce qu'est la douleur physique, je sais ce qu'est la joie, la tristesse, la peur, la colère. Mais je ne sais toujours pas pourquoi je ressens tout ça. Je ne sais pas pourquoi je suis là. Si je me demande cela c'est parce que je sais aussi ce qu'est la mort. Comme tout le monde je me suis posé cette question sans réponse: « Pourquoi on vit si on doit mourir? » et c'est celle là qui me perturbe plus que n'importe qu'elle autre. Je connais l'existence de l'univers, je comprends que la planète n'est qu'une poussière et que l'humanité est bien misérable dans cette immensité. On me dit que la mort fait partie intégrante de la vie, des concepts bien trop compliqués pour un esprit jeune. Mais j'arrive malgré tout à tirer mes conclusions dans ce chaos existentiel. Tout va par deux; la vie et la mort, le Bien et le Mal, le bonheur et le malheur, la chance et le destin. Chaque évènement est associé à son opposé, ils sont inséparables.
J'
en reviens au Bien et au Mal. Un être bon est inévitablement habité par le mal, il ne peut en être autrement. Tout comme un être vivant connait la mort un jour. Reste à savoir si ce mal va s'exprimer ou pas. Cette vision des choses me permet de confirmer que seuls nos choix peuvent déterminer qui nous sommes. Certains choix sont plus difficiles que d'autres, et des choix essentiels allaient bientôt s'imposer à moi.

# Posté le jeudi 02 avril 2009 19:47

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Tout va ts vite. Moi qui m'ennuyait, je sens déjà le temps m'échapper. La croissance entraîne de plus en plus de soucis. Des soucis d'enfants bien entendu. Je ne connais pas vraiment la notion d'impôts, de facture, ce genre de problème spécifiques aux adultes. Mais j'apprends à ressentir peut-être ce que je ne ressentais pas auparavant. Je comprends ce qu'est un sentiment, une émotion, une réaction. Toute sorte de choses me passe par late. La colère est souvent là, mais la plupart du temps je ne peux enfinir la cause véritable. Chez les enfants, onunit colère et caprices. Je pense que ma colère me vient de cette obligation à rejoindre chaque jour ce quartier général, plus communément appelé foyer familial. Dans ce lieu je m'ennuie beaucoup. Je préfère de loin explorer le monde, une grande phrase pour un être tout à fait insignifiant. Je comprends ce que Amour signifie même si il ne m'envahit pas. L'amour paraît compliqué, pour moi il faut être prêt. Je préfère ne pas me concentrer sur ce genre de détails; il y a tant de choses à faire ici. Je sais ce que la peur représente, même si pour l'instant elle ne s'est pas manifestée à un très haut degré.
Je suis très intéressée par le sport. Je me trouve plut douée au basket mais parfois je trouve cela brutal. Le foot me plaît beaucoup aussi, j'adore en faire à lcole et montrer que me si je suis une fille je me débrouille bien. Par contre je déteste courir. Je trouve que c'est pourvu d'intérêt. Le basket me permet dvacuer le trop plein d'énergie stocké et inutilisé chez moi. Mais cette brutaliest vraiment insupportable, trop de contacts, trop de mauvais joueurs, cela diminue l'image que je me fais des loisirs. Puis un jour j'essaie le volley. Et c'est une révélation. Il n'y a plus de contacts directs avec l'équipe adverse, juste une harmonie entre coéquipiers. J'ai trouvé le sport idéal. Pouvoir frapper le ballon sans se soucier de lui faire mal, et savoir doser sa puissance. Un contle absolu sur un objet inani, qui me permet de ne plus penser à l'ignorance dont tout le monde fait preuve à mon égard. Je me sens utile, et indispensable.
Peut-être qu'être sage et attentive en classe me dispense d'une quelconque attention parmi les miens. Mais au fond de moi je sais que j'ai besoin de cette attention. De plus le chef de famille manque à l'appel, depuis plusieurs années. Je le vois de temps en temps mais ce n'est pas assez à mon goût. Donc le nombre de membres pouvant accorder un regard soucieux vers mon existence est plus faible. Les étrangers sont sans art au quartier général. Des amis qui viennent le soir, lorsque le monde du rêve s'offre à moi, et qui n'hésite pas à faire un maximum de bruit. Je me dis que ce soir est surement un jour particulier, mais c'est ainsi la plupart des soirs. Celle repsentant l'autorité brille par son absence, soirs après soirs. Et lorsqu'elle me fait honneur de sa présence, c'est dans un état second. Nous sommes livrés à nousmes. Je ne peux m'épanouir comme n'importe quel autre enfant. Le sentiment d'abandon grandit de jour en jour, et je ne peux le stopper.
Moi qui me posait tout un tas de questions sur la vie, je me rends compte que je suis malchanceuse. J'arrive à m'en vouloir d'espérer une autre vie. Bienr je me dis, comme chacun de nous lorsque l'on passe une étape difficile, qu'il y a pire ailleurs. Je relativise, mais le mal, en partie à cause de mon abandon, ne cessait plus de me poursuivre.

# Posté le lundi 06 avril 2009 21:38

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Plus que neuf longues années avant la majorité. Cela me semble interminable. Les jours passent, désespérément semblables. Une certaine jalousie s'installe dans ma vie. Je deviens envieuse, envers les autres. J'aimerai tant pouvoir expliquer ce que je ressens là, allongée dans mon lit, une petite demi heure avant minuit. Pourquoi dormir? Je sais que lorsqu'elle rentrera il faudra aller ouvrir la porte, et surement nettoyer le sol, sur lequel je pourrais recréer toute sa soirée, notamment ce qu'elle a mangé. Pourquoi feindre le sommeil et laisser les autres y aller puisque de toute manière, elle viendra dans la chambre et parlera de notre misère pendant plus de deux heures? Je me suis habituée à dormir à des heures tardives, la fatigue est immense mais cela ne sert à rien de lutter contre elle. Donc je m'habitue également à la fatigue.
Le
s étrangers deviennent familiers. A force de les voir, sans arrêt, on finit par ne plus y faire attention, exactement comme pour moi. Je suis délaissée. Je remarque que les rares moments où on prête attention à moi sont ceux où je casse quelque chose, ou lorsque je me bats avec mon frère et que l'on finit par pleurer, ou bien lorsque je mens en disant que tel ou tel jouet traînant par terre ne m'appartient pas alors que ceux qui l'ont acheté savent pertinemment qu'il est à moi. Tout ce qui n'est pas bien me permet de me faire remarquer. Une stratégie inconsciente se met alors en place dans mon esprit. Combattre mon insignifiance par le Mal, semble être un moyen d'exister ici. On m'a apprit que le mensonge est mal, qu'il ne faut jamais mentir et mon cerveau commence à bien distinguer le bon du mauvais.
Ma
is ce mensonge là était nécessaire. Celui qui persiste aujourd'hui. Ce n'est pas vraiment un mensonge, c'est juste un silence, le silence de l'enfance. Lorsque la terreur et la haine se mêlent, les issues sont rares. De la haine, car elle était censée me protéger, elle aurait du s'en rendre compte dès le début avant que cela n'arrive. De la haine car tout ce temps où elle m'a mise à l'écart, elle ne s'est pas aperçue que j'étais terrorisée, elle n'a vue aucune différence. J'étais comme morte à l'intérieur. Mais elle n'a rien vu. Je lui avais dit que cet étranger ne me plaisait pas, qu'il me faisait peur, je lui avais dit que je ne voulais pas rester près de lui, qu'il semblait trop intrigué par ma personne à me coller sans arrêt. Mais rien.
Au
contraire, je le voyais de plus en plus souvent, et chaque fois qu'elle sortait en sa compagnie, elle m'emmenait avec elle; comme une punition. Jusqu'au jour où il est venu frapper, ayant constaté son absence. Il a prétexté vouloir la voir. Effrayée mais néanmoins polie, ne sachant quand elle reviendrait, je l'ai invité à rester pour l'attendre. Ma plus grosse erreur. Je regardais un film ce jour . Il s'est assis à côté de moi. Je me souviens encore de son odeur, de sa voix. Je sentais qu'il y avait un danger, seulement je n'étais pas encore assez informée pour définir ce qui se passait. Puis il prît ma joue doucement, avant de déposer un immonde baiser empli d'alcool sur mes lèvres. Beaucoup trop terrifiée pour m'enfuir, je me suis décalée en parlant d'autre chose. Il m'a alors juré qu'elle n'en saurait rien. Puis il prît ma main et la déposa sèchement entre ses jambes. Pourquoi fait-il cela? Je ne comprends pas vraiment. Je sais juste qu'il ne faut pas. Je ressens des vibrations sous son jean. Il commence à le déboutonner mais là on frappe à la porte. Je fus sauvée, pour cette fois-ci.

# Posté le lundi 06 avril 2009 22:42

..........

Depuis ce jour, ma vie a complètement chan. La seule protection dont néficie un enfant, la protection familiale, a é inutile. Je me sens vide et en même temps remplie de ressentiments. Tout reste à l'intérieur. J'ai envie de frapper, de pleurer, de crier, mais rien ne sort. Rien du tout. Je me bloque, et j'essaye de ne plus y penser mais chaque nuit ce souvenir me hante, comme un parasite indestructible. Je ressens chaque nuit cette peur, cette angoisse, cette culpabilité. Oui, je me sens coupable, de n'avoir rien dit, d'avoir laissé les choses continuer alors que j'aurai pu y mettre un terme. Car après ce jour, il y a eu de nombreux autres jours. Parfois à quelques mètres d'elle, quasiment sous ses yeux, il met en pratique des attouchements. Il suffit qu'elle sorte de la pièce un petit moment et il n'hésite pas une seconde. Il essaye de m'embrasser ou de me toucher. C'est le clic, je suis en présence du vice à l'état pur.
Chaque enfant à son passé, ses démons. Je me dis toujours que malgré ce qui s'est passé, j'ai eu de la chance qu'il ne soit pas allé plus loin. Mais ce petit jeu à duré plusieurs années. En grandissant j'ai parfaitement compris la notion de harcèlement, d'attouchements et mon dégoût n'en fût que plus immense. Mais qu'est-ce qui me répugnait? Ce qui m'était arri? La personne qui me l'a infligé? Ou moi-même, moi et mes secrets.
J
e sens plus que jamais l'absence d'un chef autour de moi, l'absence de celui qui aurait pu me protéger. Celui qui l'aurait empêcd'agir. Les rares fois je le voyais étaient un enchantement. Je sentais son amour, ce qui me manquait fortement. Je me sentais bien tout simplement, je crois que c'est cela le rôle d'un père. Il était tellement bienveillant à mon égard. Je suppose qu'il n'a pas toujours été bon, étant donné qu'il ne vivait pas avec moi, mais je m'en fichais. Tout ce qu'on aurait pu dire de lui m'importait peu, il avait toute mon affection, et toute ma confiance. Le seul qui était pour moi. Le seul qui prêtait attention à mon existence.
Mais malheureusement je ne le vois qu'une seule fois par an si ce n'est moins. J'attends sans trop d'espoir car il arrive toujours quand je ne m'y prépare pas. Mais je ne me fais pas d'illusion, j'aime tellement ces moments qu'il est impossible qu'ils arrivent. Le malheur s'abat sur moi. Je me sens prisonnière d'un tourbillon les mauvaises choses se mélangent et s'accumulent jusqu'à ce que j'étouffe. Je n'avais pas reçu de menaces directes de la part de cet homme lorsqu'il faisait sa; mais son regard renfermait la folie. Ce regard noir fixé en permanence sur ma liberté d'expression. Peut-être que si j'en parle les choses s'aggraveront, et je risquerai de mettre en danger des gens de mon entourage. Je préfère le silence. Je doute que quelqu'un puisse comprendre, j'ai plus peur d'avoir des reproches que du soulagement. J'ai même peur qu'on m'accuse de mentir, je n'ai aucune chance face à lui. Je ne suis qu'une pré-ado.
Pe
ut-être que jaurai pu lui dire, lui en qui j'avais confiance, mais je craignais uneaction trop excessive qui l'aurait conduit derrière les barreaux. Je ne voulais pas qu'il arrive ce genre de chose par ma faute. Puis une partie de moi voulait s'en charger elle même. Je ne l'ai vu qu'une fois après ce qui m'est arrivé. Cette fois était vraiment géniale pour moi, je retrouvais le sourire. Mais je n'ai vraiment pas eu le courage de tout dire. Puis il est reparti de nouveau, trop vite à mon goût.
J'a
ttends une livrance, un moyen d'échapper à tout sa. Je me dis que rien ne peut m'arriver de pire, et pourtant.... Ce soir on me convoque en urgence, réunion familiale. Je vois des visages tristes etsemparés. Je ne comprends pas. On s'avance vers moi, et on me dit qu'il s'est passé quelque chose de terrible. Il y a eu un accident, et la personne ne s'en est pas sortie. Je m'interrogeai, mais qui est-ce? Et on me dit que c'est lui, mon protecteur, qui a succombé, qui m'a quitté, qui s'en est aldéfinitivement. Je reste inerte, la réali m'échappe, mon monde s'écroule. Ce n'est pas possible, j'ai du mal comprendre. Il ne peut pas m'avoir abandonnée ici, seule, sans défense. La seule personne qui est pour moi, a disparu. Je ne peux m'y résoudre. Je n'y crois pas.
Le lendemain je me dis que j'ai rêvé, mais les mêmes visages tristes apparaissent. Une tragédie me frappe. Le jour de la mise en terre, je pleure et je réalise. Je comprends que c'est terminé, qu'il n'y a plus d'espoir, tout est fini. Je perds ma seule chance de pouvoir faire ma confidence, je perds mes défenses et par cette horrible évènement, je quitte l'enfance.

# Posté le samedi 11 avril 2009 16:59

Modifié le samedi 11 avril 2009 19:01

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CHAPITRE II: Passionée

Le monde n'a pas changé et moi non plus. Si ce n'est que je me suis renfermée sur moi-même. Le temps n'efface pas mes douleurs, mais il les cache. J'ai appris à vivre sans penser au passé, je sais qu'il est au fond de moi, mais je ne cherche pas à le regarder. Les cauchemars sont moins fréquents, les larmes moins présentes. Lui aussi est moins présent, je ne le vois plus. C'est plus facile pour moi de me reconstruire, même si les cicatrices sont éternelles.
Mo
n environnement est différent. Le collège est un peu plus difficile que l'école mais tout aussi intéressant pour moi. Je fais de nouvelle rencontres, des gens différents. J'apprends petit à petit à faire confiance, et je noue des liens. C'est ce qu'on appelle l'amitié; une notion qui était ts abstraite pour moi jusqu'à présent. Et l'amitié m'a permis d'évacuer mon stress et de me sentir soutenue. Mais bien sûr je ne pouvais révéler ce qui m'était arrivé. Cela resterait anc en moi. La solitude est partagée entre deux moments de la journée. Le soir je suis seule, chez moi, comme tous les soirs, mais la journée je me sens entourée et appréciée. J'ai une attitude plutôt positive et optimiste, je me dis que le pire est derrière moi. J'écoute avec attention les problèmes des autres en essayant de les aider, et je suis toujours pour eux. Mais j'ai souvent la sensation que personne n'est pour moi. Je passe mon temps à faire l'imbécile pour faire rire mais personne ne se doute de ce qu'il y a en moi, de mes secrets.
Tout cela me pèse, je me sens différente. Les problèmes financiers et familiaux s'accumulent et j'ai l'impression que les autres ne manquent de rien. Moi aussi pourtant, je ne manque de rien, si ce n'est de liberté. Je n'ai pas le droit d'aller ici, ni d'aller là, tous les ados ont vécu cette frustration et se sont dit « vivement mes 18 ans pour que je puisse faire ce que je veux! ». Je cherche donc un interêt dans quelque chose qu'il y a chez moi afin de ne pas m'ennuyer. Cette recherche m'a conduite tout droit vers la chose la plus merveilleuse, la plus importante et celle qui allait déterminer toute ma vie, mon avenir, mes choix. Et cette chose, c'est la musique.

# Posté le dimanche 19 avril 2009 18:22

Modifié le mercredi 22 avril 2009 07:44